À l’été 2010, le producteur multimédia brésilien, Givovanni Francischelli, a dirigé un Atelier Korsakow, dans la ville de Campinas, située dans l’État de São Paulo, au Brésil. « Je faisait du web-documentaire et je trouvais que Korsakow était un excellent outil pour le développement de ce type de projets. J’ai donc décidé d’utiliser ce logiciel à l’intérieur de mes ateliers », nous a-t-il raconté via courriel.
Pendant six jours, il a enseigné les bases du récit narratif sur le web pour ensuite encourager les participants à utiliser Korsakow et à y créer une oeuvre collaborative. Le résultat: un documentaire, intitulé Artista a praça, portant sur une foire artisanale traditionnellement hippie qui a lieu toutes les fins de semaine dans la ville de Campinas.
La Feira de Artesanatos de Campinas s’installe tous les samedis dans le quartier de Cambuí. Prenant place depuis quarante ans, cette foire est devenue un lieu de rencontre pour les familles, les jeunes, les amateurs d’art ainsi que les touristes. Malheureusement, les artisans qui y vendent leurs produits ont à affronter une problématique de plus en plus courante de nos jours: l’arrivée en masse des produits ”fabriqués en Chine”, que nombre de marchands ont incorporés dans leur kiosque à faible prix. Franchischelli nous explique que « Les hippies nomades et les artisans, qui ont participé au fondement de cette foire traditionnelle, sont maintenant reclus dans un espace limité et isolé, tout près des toilettes ».
Artista a praça tente de démontrer l’existence de cette problématique à travers les témoignages de huit personnes qui sont impliquées, à différents niveaux, dans la foire depuis plusieurs années. Selon Franchischelli, « la vidéo rassemble les témoignages de personnes qui ont vu ce changement. Le film tente d’explorer l’esprit hippie, qui réside encore chez ceux qui ont été ou qui sont encore liées à ce mode de vie. Le documentaire couvre les thèmes de la transformation de ces valeurs, les difficultés de la société moderne et le portrait de l’héritage culturel de la ville. »
Le film Korsakow introduit le sujet en exposant un court extrait sonore de chaque personne interviewée. L’extrait porte sur un moment crucial, qui résume bien l’opinion générale de la personne. À chaque fois qu’un interlocuteur apparaît à l’écran, la séquence de son entrevue apparaît dans une plus petite fenêtre, en preview, dans l’interface. Il est donc possible de naviguer « à la carte » à travers les différentes perspectives qu’offrent les témoignages sur les changements de la foire. Ce documentaire offre un regard subjectif sur des thèmes sensibles – comme la dévaluation du travail artisanal au profit d’une production de biens industriels et la disparition de la place comme un important lieu de rassemblement. Finalement, fidèle à une démarche textuello-hippie, Astista a praça a utilisé le logiciel Korsakow comme outil permettant d’organiser le contenu, et non comme outil de conceptualisation.
Rédaction et recherche, par Irene Serrano. Traduction française par Sophie Guérin.
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